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Le blog de la formation à l'usage des réseaux sociaux et du réseau

Le bonheur et le travail

12 Juillet 2011 , Rédigé par attitudereseau Publié dans #France

Un chercheur en sciences sociales évoquait, il y a quelques temps, dans un groupe de réflexion dont je suis membre, l'étude "Travailler pour être heureux ? Le bonheur et le travail", réalisée sur un échantillon de 6000 personnes, et qui a fait l'objet d'un livre paru en 2003 chez Fayard.

 

J'aime l'expression qui y est citée : "Le travail, c'est plus que le travail", car au fond, le travail on y passe une grande partie de son temps, et en société, raconter son travail, c'est raconter une histoire, être encore vivant.

 

Le drame des personnes qui perdent leur emploi, et qui, du fait de leur âge ou d'autres critères se trouvent discriminées, c'est que tout à coup, elles n'ont plus d'histoire à raconter.

 

A l'opposé, les personnes en poste s'aperçoivent parfois que, le nez dans le guidon, elles n'ont pas vu le monde changer. A-t-on toujours le temps de se former lorsqu'on est sous pression au travail et vous le propose-t-on ? Pas toujours. A-t-on le pouvoir de passer une partie de son temps à réfléchir avec son équipe ou ses collègues sur des projets innovants ? De moins en moins.

 

Pour ma part, j'ai travaillé plus de 30 ans, et j'ai connu de nombreuses situations de bonheur comme de souffrance au travail, dont les raisons sont intimement liées à l'organisation mise en place et au choix de l'encadrement général comme intermédiaire.

 

Je rédige d'ailleurs actuellement un cas pratique qui s'intitule "Du Conseil d'Administration à l'équipe collaborative" et qui montre pourquoi un même projet peut réussir ou échouer. Cela tient beaucoup à la prise en compte de l'humain évidemment.

 

Je constate de plus en plus que beaucoup de personnes ne font pas fondamentalement ce qu'elles aiment dans leur travail. Avant, on l'observait plutôt dans des fonctions dites "subalternes", mais aujourd'hui, on le voit beaucoup chez les cadres, et notamment les cadres jeunes, qui n'ont peut-être plus la chance d'avoir le conseil d'aînés dans des tâches de management auxquelles ils sont rarement préparés. On leur a enseigné les business-plans, mais pas toujours la compréhension d'une équipe.

 

En ce qui me concerne, j'ai toujours pratiqué avec bonheur la délégation de responsabilité, mais je constate aujourd'hui un retour vers le taylorisme (du moins ce qu'on a retenu du taylorisme), avec une non-transversalité entre services, une déresponsabilisation et une non-prise de risque par les acteurs. Le tout couronné d'une mauvaise écoute de l'autre, client ou fournisseur. C'est particulièrement flagrant dans le domaine de la technologie que je connais bien.

 

Dans la souffrance au travail, il y a souvent le sentiment de ne pas être écouté ni compris, et aussi un sentiment d'impuissance : celui de ne pouvoir dire non, alors que parfois le non peut être salutaire pour les 2 parties. Une coach me disait dernièrement qu'une femme cadre qu'elle accompagnait devait gérer 250 mails par jour et qu'elle craquait. Quand on sait qu'un cerveau humain ne peut traiter plus de 80 mails par jour dans un poste de relation client, on comprend mieux la situation.

 

La première préoccupation des DRH français et européens est, selon plusieurs études récentes, qu'ils ne trouvent plus de talents. Je reste persuadée que les talents s'épanouissent plus dans le plaisir au travail que dans la souffrance, et c'est ce postulat qui me pousse à garder espoir.

 

Pour sortir de la crise, nous n'avons pas d'autre choix.

 

Cordialement à tous(tes),

 

Bénédicte Poinsard

ATTITUDE RESEAU®

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